Universités : les licences sont-elles réellement désengorgées ?

Rédigé par: NewsMaster
Date de publication: 6 déc. 2021

Universités : les licences sont-elles réellement désengorgées ?

Universités : les licences.

Vous râliez contre l’immuable surcharge de certaines licences à la rentrée ? Vous voilà rassuré cette année ! Selon l’analyse publiée le 16 novembre dernier par le service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur (SIES), le nombre d'inscriptions en première année de licence est en baisse de 4,5 % par rapport à 2020. Un chiffre toutefois à nuancer car ces données établies pour l’étude s’arrêtent au 20 octobre. 271 800 nouveaux bacheliers sont (pour l’instant) inscrits en première année de licence.

Les licences épargnées par la surcharge dans les universités

Si l’analyse établie par le service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur montre une baisse générale du nombre d’étudiants en licence, cette diminution varie toutefois selon les spécialités. Habituellement en surcharge chaque année, les licences d’Economie et de Staps enregistrent une baisse de près de 11% de son effectif en cette rentrée 2021.

D’autres licences généralement sous tension, connaissent également une baisse, comme celles consacrées aux langues, l’art et les lettres ( -5,1%), la santé (-4,5%), ou encore les sciences (-1,2%). Seules les licences en droit connaissent une hausse de leur effectif (+2,4%).

Le fruit d’une combinaison de deux facteurs

En effet, ce phénomène s’explique par deux facteurs. Tout d’abord, la baisse de la démographie. Face à cette baisse de la natalité enregistrée depuis le début des années 2000, les élèves sont de moins en moins nombreux à se présenter à l’épreuve du bac : 753.000 en 2018, 744.000 en 2019, un rebond à 761.000 en 2020 et une forte chute à 715.000 en 2021. Un constat qui a logiquement une incidence sur le nombre d’étudiants ensuite.

Mais encore faut-il décrocher son bac ! Car le nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur dépend également du taux de réussite au bac. “ Hors IUT et santé, les universités accueillent 9.000 nouveaux bacheliers de moins qu’à la rentrée 2020 mais 11.000 de plus qu’à la rentrée 2019", est-il indiqué dans l’analyse du SIES. Des chiffres qui méritent d’être nuancés, car la crise sanitaire a modifié les modalités d’obtention du bac. En 2020 et en 2021, le contrôle continu a notamment été adopté, ce qui a eu comme conséquence un meilleur taux de réussite qu’en 2019, avant la crise : 95% en 2020 et 93,8% en 2021, contre 88% en 2019. Ce qui permet de comprendre ce que souligne le SIES à propos d’une différence de 11 000 bacheliers entre l’année 2019 et l’année 2021.

Les bacheliers pro désertent l’université

Si la première année de licence fait face à une baisse généralisée de ses effectifs, cette diminution est encore plus prononcée pour les IUT (- 5,5 % par rapport à 2020, alors que leurs effectifs avaient progressé l’an dernier de moins de 2 %). Il faut également ajouter que les bacheliers pros s’orientent de moins en moins vers les universités. “ Le nombre d’inscriptions à l’université des nouveaux bacheliers professionnels retrouve sa tendance décroissante initiée en 2012 (et interrompue en 2020 avec l’arrivée des nombreux néo-bacheliers) : leur effectif diminue de 15,8 % en un an, soit nettement plus que le nombre de lauréats du baccalauréat professionnel (- 3,3 %). Ces néo-bacheliers restent très peu nombreux en IUT (600) “, pointe l’étude.