Le secteur des métiers de bouche manque de bras

Le secteur des métiers de bouche manque de bras

Le secteur des métiers de bouche manque de brasBoucherie, boulangerie, poissonnerie...le secteur des métiers de bouche est en tension depuis maintenant quelques années. En cause : une difficulté à recruter. C’est par exemple le cas d’Antoine *, directeur d’un supermarché dans la métropole lilloise. “ On fait face à une réelle pénurie de main-d'œuvre, et ce, depuis environ cinq ans “, explique-t-il.

“ Les jeunes sont de moins en moins à s’engager dans ces filières “

Face à cette situation, l’enseigne d’Antoine a opté pour trois voies de recrutement pour les métiers de bouche. Les deux premières sont assez classiques : embaucher des personnes qualifiées, ou dénicher des apprentis auprès des centres de formation d’apprentis (CFA) pour les former ensuite pendant deux ans. Mais dans les deux cas, cela s’avère compliqué. “ On recrute de moins en moins de personnes qualifiées, et dans le même temps, les jeunes sont de moins en moins à s’engager dans ces filières “, assure Antoine. L’enseigne a alors envisagé une troisième solution pour pallier ce manque de bras : proposer à ses salariés œuvrant sur un autre poste de les former aux métiers de bouche.

Une politique qui peut se révéler bénéfique pour les salariés. “ Quand on s’adonne depuis quelque temps au même travail et aux mêmes tâches, il peut être intéressant pour eux de toucher à autre chose. Mais on ne leur force pas la main non plus ! Cela doit avant tout venir de leur propre initiative “, explique Antoine. Un salarié par exemple n’a jamais caché sa curiosité pour la poissonnerie, alors que celui-ci travaillait jusque-là en caisse. “ On l’a alors pris au mot et on lui a proposé de s’essayer à la poissonnerie. Il a accepté et aujourd’hui il est très content de cette expérience. On envisage même à l’avenir de lui payer une formation pour qu’il se professionnalise dans ce métier. C’est notre manière de l’accompagner dans sa démarche “, raconte Antoine.

9 000 boulangers recherchés

Cependant, selon Antoine, la poissonnerie ne serait pas le métier de bouche le plus touché par le manque de main-d'œuvre. “ C’est tendu mais ça passe encore “, assure-t-il. Pour lui, la boulangerie et la boucherie sont davantage impactées. En janvier dernier, la Confédération nationale de la boulangerie rappelait que 9 000 boulangers étaient recherchés dans les 33 000 boulangeries que compte la France. Idem pour le secteur de la boucherie, qui cherche à recruter à tour de bras. Car si le secteur accueille de plus en plus d’actifs suite à une reconversion professionnelle, cela ne compense pas pour autant le manque d’apprentis.  “ Le problème une fois de plus, c’est que la boucherie souffre d’un manque d’attractivité auprès des jeunes, déplore Antoine. “ Aujourd’hui en France, si un jeune n’est pas bon à l’école, on lui brandit la menace de l’envoyer se former dans ces filières. C’est un état d’esprit qui a tendance malheureusement à dévaloriser ces métiers “.  D’après lui, la pâtisserie, elle, aurait au contraire plutôt le vent en poupe.

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