Les agences d’emploi et d’intérim, une porte vers les entreprises

Entre les demandeurs d’emploi et les entreprises, des agences constatent sur le terrain les besoins des employeurs. Certains secteurs sortent du lot.

Agences d'emploi et d'intérim

Les BTP (bâtiment et travaux publics), l’industrie et les transports.» L’agence d’emplois Actua, rue des Orphelins, à Reims, a ouvert ses portes il y a seulement deux mois, mais la chargée d’affaires Amélie Varloteaux a déjà nettement identifié ces trois secteurs comme ayant le plus de postes à pourvoir. «Nous avons des dizaines d’offres dans la région rien que pour le BTP», confirme sa collègue à l’agence, la chargée de recrutement Élodie Delcroix. «Nous cherchons des électriciens, des maçons…» Et dans les services? «Il y a des postes de téléconseiller à pourvoir, par exemple. On peut aussi diriger des candidats vers des formations porteuses, comme dans la banque ou les assurances.»

Repérer les bons profils

La société s’occupe à 50% de recrutement et à 50% de travail temporaire. «Notre métier, c’est de repérer les bons profils et de les envoyer dans les entreprises que l’on aura prospectées et qui cherchent à compléter leurs effectifs», détaille Amélie Varloteaux. Pourquoi ouvrir une nouvelle agence à Reims ? «Nous avions déjà une agence à Troyes et après l’année dernière, où nous avons eu de très bons résultats, nous souhaitions toucher ce bassin d’emploi dynamique. D’ici, nous intervenons aussi à Épernay, dans les Ardennes…»

Qu’appelle-t-elle un bon profil ? «Nous cherchons des personnes avec un savoir-faire et un savoir-être», explique la chargée d’affaires. «Ce matin, un candidat n’est pas venu à son rendez-vous et un autre s’est présenté avec une demi-heure de retard. Comment avoir confiance en des personnes qui ne sont pas capables d’être à l’heure ? Derrière, c’est notre réputation qui est en jeu. À l’inverse, si nous lui amenons un bon profil, l’entreprise nous confiera d’autres missions de recrutement…» Son conseil ? «Lorsque vous poussez la porte d’une agence d’emploi, n’oubliez pas que vous êtes déjà quelque part sur le seuil de votre futur employeur !»

Manque de profils qualifiés 

«Nous sortons de belles années de croissance : après des tendances en 2017 et 2018 très élevées, on note une stagnation des embauches en intérim, a remarqué Estelle Meyer, présidente pour le Grand Est de Prism’emploi, une organisation professionnelle réunissant 600 entreprises en France. Mais même si on observe ce fléchissement depuis l’été dernier, on reste sur des chiffres globalement élevés.» Selon elle, les entreprises ont embauché en CDI nombre de leurs intérimaires en 2017 et 2018, «signe d’une bonne visibilité dans l’économie». «Les prestations de recrutement en CDI restent sur une tendance très élevée», ajoute-t-elle.

Malgré cette stagnation du marché constatée depuis plusieurs mois, «nous manquons de profils qualifiés, les compétences des candidats ne correspondent pas forcément aux demandes actuelles des entreprises», constate Estelle Meyer. Elle aussi met en avant le «savoir-être», qualité essentielle pour trouver du travail : «Beaucoup de nos entreprises nous disent : «Si une personne n’a pas la compétence, ce n’est pas très grave, on pourra la former; par contre, le manque de savoir-être, c’est rédhibitoire !". 

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